Je suis une vrai lesbienne.
Et le plus drôle dans tout ça c'est que je suis heureuse !
On se dit quand ça nous arrive que ce n'est pas bien grave. Qu'après tout c'était même plutôt agréable. Vous avez goûté et vous avez aimé ça.
Oh bien sûr vous vous êtes dit que tout ne serait pas facile, que le chien de la voisine allait vous regarder de travers. Vous vous êtes dit qu'à la bibliothèque municipale, ce n'était pas évident de taper « lesbienne » sur le clavier de l'ordinateur (surtout le samedi après midi quand 14 personnes attendent derrière vous). Vous vous êtes dit que les réunions familiales allaient être dures. Et puis, et puis y'a Frida qu'est belle comme un soleil. Non je m'égare. Non, il y a eu, Delphine, Carole, Anne, Laurence, Sandrine, Valérie, Sophie. Bref votre première vraie histoire. Celle qui vous est tombée dessus alors que vous aviez passé votre libido à l'arrière-plan. Bien après et dans le désordre : vos études, vos premières cuites, votre meilleur copain qui vous servait d'alibi, l'intégral de Farmer...
Mais patatra, elle est apparue et tout a été remis en question. Fini le questionnement sur votre identité, finie les questions incessantes sur : « Mais comment qu'on fait quand on est deux filles dans un lit ? ». Non, tout a été tellement simple que vous vous êtes longtemps reprochée de ne pas avoir couru le lièvre (c'est un image) plus tôt. Maintenant votre couple a changé de visage, vous êtes passée dans les bras, de Bérengère, Agnès, Carine, Laetitia, Marie, Catherine, plus ou moins longtemps.
Vos parents ont cessé de vous poser des questions. Vous connaissez par coeur les dialogues de « Pourquoi pas moi ». De temps en temps vous tentez une sortie dans le milieu plutôt par besoin viscéral de descendre une Despe que d'aller rencontrer vos congénères.